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Je suis pro réseaux sociaux, même si des dérives existent comme…

Sophia 23 ans, récemment licenciée en communication

Quel a été votre parcours ?
J’ai passé le bac, j’ai fait quatre ans de droit, mais validé deux ans. La première année, on découvre le milieu de la fac ; c’est beaucoup de liberté d’un coup et c’est drôle. La deuxième année, c’était très compliqué, on rentre vraiment dans le cœur de la matière. Le cœur théorique, c’est super intense, je n’ai pas réussi à tenir la route.
Mais j’ai réussi à atterrir en troisième année de communication à la Sorbonne Nouvelle. Je viens d’obtenir ma licence on communication. Et aujourd’hui, je prends une année sabbatique.

Vous voyagez beaucoup en ce moment ?
Non, pas assez cette année, mais j’aimerais !

Dans quel domaine de la communication êtes-vous spécialisée ?
J’ai été attiré par le digital en général. C’est un milieu où tout est à faire et à construire. Je trouve ça génial.

Quel est votre plan B si ça ne marche pas ?
C’est déjà mon plan B. [Rire…] Mon plan A, c’était le Droit…

Vous n’étiez pas douée ou c’était compliqué de défendre les autres ?
Non, rien à voir. Les premières années en droit, ce n’est pas vraiment intéressant. C’est de l’apprentissage bête et méchant. Il faut aimer ce qu’on fait, et moi je n’aimais pas ce que je faisais. Je n’avais pas ma place tout simplement. Ce n’était pas vraiment mon plan A ; c’était la communication mon plan A, et mon plan B, le Droit. Dans le pire des cas, je retourne en Droit.

Quel genre d’enfants était Sophia ?
J’étais dans ma bulle, je passais mon temps à lire principalement. J’étais dans mon monde, je dessinais et j’écrivais beaucoup. Ce qui ne m’empêchait pas d’avoir un sacré caractère et d’être une sacrée emmerdeuse auprès de mes parents.

Vous avez un don artistique?
Oui mais inexploité. Il m’arrive de chanter parfois et j’ai fait un peu de comédie musicale. J’ai arrêté parce que je n’avais pas le temps quand j’étais en droit et je n’ai pas eu la motivation de m’inscrire dans un groupe de chant.

Quel est l’art avec lequel vous vous exprimez le mieux et pourquoi vous n’avez pas poursuivi ?
Le chant. Je chante depuis toujours. Après je suis entrée en droit. C’était un rythme qui était très intense sachant que j’avais un job étudiant qui ne me laissait pas beaucoup de temps de prendre des cours. Mes parents m’ont encouragé à poursuivre. Mais je n’ai pas eu l’opportunité de me lancer. Peut-être un jour, je me lancerais à fond.

Le chant pour vous ça reste une passion ?
Oui ça reste une passion. Objectivement, c’est très difficile d’en vivre. Peut-être un jour, cela deviendra mon métier ; je ne sais pas. Mais c’est le plan W. Je suis complètement réaliste.

Aujourd’hui vous faites de la communication. Qu’est-ce que vous comptez apporter de plus dans ce milieu ?
Je ne sais pas encore, je viens de naître dans ce domaine. Je pense que ça va être ma manière de voir le monde. Mais, très sincèrement, pour le moment, je ne sais pas encore.

Êtes-vous militante?
J’ai des idées, des opinions nées de mon quotidien en tant que femme. Et en tant que femme métisse, forcément, je me sens investie de certaines choses. Même si je ne vais pas assez souvent à des manifestations. Je me considère comme féministe, car je suis une femme et il me semble évident de défendre mes droits.

Que veut dire pour vous le mot liberté ?
Je ne me suis jamais posé cette question. Pour moi, cela veut dire être libre de faire ce qu’on veut. Mais cette définition est réductrice. Le mot liberté peut vouloir dire : se débarrasser des avis, de l’influence des autres, de tous les a priori et penser par soi-même. Je pense que c’est une très grande liberté que très peu de personnes ont.

Vous sentez-vous libre ?
Ça dépend des jours, des moments oui, des moments non. Parfois, mon choix est dicté par la volonté des autres, que ce soit mes parents ou mes amis. Mais, lorsque je prends des décisions qui ne regardent que moi, sans avoir consulté qui que ce soit, alors, oui, je me sens libre.

Est-ce que vos parents ou amis vous ont influencé dans votre choix des études ?
Le droit, je l’ai choisi, parce que c’est ce qu’on appelle la voie royale. Cela mène à de nombreux beaux métiers, reconnus en société. C’est toujours bien vu d’avoir fait du Droit, ça représente un certain lifestyle, faire partie d’un cercle très fermé. Ceci m’a donc influencé. Par contre, moi seule ai pris la décision d’étudier la communication. J’ai la chance d’avoir des amis qui me soutiennent même sans, parfois, comprendre forcément mes choix. Je suis fière de mes propres choix, même s’il m’est arrivé d’avoir un peu peur.

Que pensez-vous de tous ces réseaux sociaux ?
Je suis pro réseaux sociaux, même si des dérives existent comme le cyber harcèlement ou le racisme, le sexisme, la pédophilie sur les réseaux. Malgré ses détracteurs, pour moi, les réseaux sociaux, c’est juste une forme d’évolution. Les réseaux sociaux m’ont permis de rencontrer des gens que je n’aurais jamais rencontrés dans la vraie vie, faire des choses que je n’aurais jamais faites autrement ; comme rencontrer une blogueuse que j’apprécie beaucoup. Lors de cette rencontre, elle m’a apporté énormément en me donnant des conseils sur le blogging. Il y a donc des choses positives sur les réseaux.

Que pensez-vous de tous ces sites de rencontre ?
Je suis complètement pour, dans le sens où je fais partie des rares personnes qui n’ont pas honte de les utiliser. J’emmène aussi mes amis célibataires sur ces sites. Mais cela reste des réseaux sociaux où il faut savoir faire le tri. C’est comme dans la vraie vie. Cela permet de rencontrer des gens qu’on n’aurait jamais rencontré autrement. C’est donc une très bonne chose. Mais ce n’est pas fait pour tout le monde. Il faut être à l’aise avec tout ça et faire les choses comme on le sent.

Que pensez-vous des rencontres à l’ancienne ?
Je suis tellement sur mon écran que je ne crois plus trop à ce que ça se passe dans la vraie vie. J’ai lu une étude qui indique que, dans dix ans, 80% des couples se rencontreront via Internet. Donc, pour moi, c’est l’avenir, la nouvelle norme. De plus, la plupart aujourd’hui se rencontre, puis échangent vite leurs numéros de téléphone pour se parler via SMS, Snapchat, Instagram, Twitter… Toutes les rencontres se sont « internatisées ». [Rire…]

Un homme qui vous aborde dans la rue, est-ce vraiment gênant ?
Ça dépend. Le problème réside dans le décryptage. Si un homme aborde une femme dans la rue en lui disant « bonjour, mademoiselle, je vous trouve charmante… » et que la femme lui répond et montre un intérêt, alors il peut poursuivre. Mais si la femme est fermée, pressée, qu’elle n’a pas envie et qu’il insiste, alors il y a un problème. Le problème est là : savoir faire la différence quand nous sommes disponibles ET intéressées. Par contre, si le mec vient, qu’il est gentil et que la femme lui dit « non je ne suis pas intéressée » ; qu’il lui répond « bonne journée «  et s’en va : là, c’est cool. En fait, lorsqu’un homme insiste, on bascule au niveau du harcèlement. Il y a une fine ligne à ne pas dépasser.

Être une femme à Paris ou en banlieue c’est de la souffrance ?
Être une femme peu importe où dans le monde, c’est de la souffrance. Je ne pense même pas qu’en banlieue ou à Paris, on soit les moins bien loties. Il y’a des femmes qui sont dans des situations plus difficiles dans d’autres pays du monde ; comme dans des pays en guerre ou du tiers-monde par exemple. Pour moi, être une femme malheureusement à l’heure actuelle, c’est compliqué. Peut-être moins en France : on a quand même des droits. Mais il faut rappeler que les femmes ont eu le droit de vote ici en France depuis à peine 75 ans.

Comment faites-vous pour vous évader ?
Holà… j’écoute beaucoup beaucoup de musique principalement.

Quel est le rôle de la musique dans votre vie ?
C’est essentiel, ça rythme ma vie, il y a la chanson du matin, la chanson d’après-midi et la chanson du soir.

Ce n’est pas la même chanson ?
Non, il y a la chanson pour quand je suis triste, celle quand je suis de super bonne humeur et la chanson qui m’aide à être de bonne humeur, la chanson doudou.

Quelle est la première fois que vous a le plus marqué ?
La première fois que je suis montée sur scène et que j’ai chanté seule devant une foule. C’était quand même très angoissant de chanter devant 400 personnes à 17 ans, et quand on a zéro confiance en soi et qu’on a un peu peur de se faire lapider littéralement sur la place publique. C’était un moment fort et intense. J’aime bien les moments forts comme ça, avec beaucoup d’émotions ; c’était particulier et j’en garde un souvenir ému.

Quel ressenti avez-vous eu la première fois où vous avez habité seule ?
Je dormais très mal, je me suis rendue compte à quel point la vie d’adulte était angoissante. Se sentir adulte comme ça d’un coup, quand on a été pas mal couvé. J’appelais ma mère en pleine nuit très souvent. Après je me suis habituée et j’ai adoré. C’était la liberté d’aller et venir, la liberté de faire ce qu’on veut, quand on veut. C’est sacrément cool.

Qu’avez-vous fait avec votre premier salaire ?
Une grosse commande de vêtements par Internet.

Quel souvenir gardez-vous de la première fois où vous êtes tombée amoureuse ?
C’est compliqué… c’était très compliqué, j’étais aveugle, j’avais perdu le sens de la raison, j’étais sur un nuage. C’est dur de décrire cette émotion. .

Quel est le secret de la longévité du couple pour vous ?
Je suis jeune, je considère que je suis à un âge où il faut que je profite, où je me cherche, que je sache ce que je veux et ce que je ne veux pas, et ça, on l’apprend progressivement au fil de sa vie, mais aussi des relations qu’on peut avoir à côté, parce qu’on reste des humains. Pour moi, être en couple est un mot ultra fort, qui veut dire beaucoup de choses, c’est un investissement. La longévité veut tout et rien dire à la fois. Je connais des gens malheureux, ensemble depuis des années, juste parce qu’ils ne veulent pas être seuls. Et pour moi, ceci est la pire des raisons. Il faut apprendre à aimer être seul. Je dis ça d’une façon très pessimiste : on nait seul et on meurt seul. Sinon, pour moi, la confiance totale et la communication font durer une relation, qu’elle soit sentimentale ou amicale.

Confiance en soi ou à l’autre ?
La confiance est le mot-clé de ma vie. Confiance en soi et confiance aux autres, c’est très différent. Il faut se faire totalement confiance. Quand tu donnes ta confiance, il faut que les gens prennent ça comme de l’or qu’ils ont entre les mains. Le plus important c’est d’avoir confiance en soi, c’est la base, parce que les gens ne sont pas fiables, tu ne peux pas contrôler les autres. Mais si toi tu sais qui tu es; ce que tu veux, et tu sais ce que tu vaux, le reste coule de source. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Qui est Sophia aujourd’hui ?
Un peu de tout et de n’importe quoi, je suis en pleine réflexion sur moi-même; qui je suis ; qu’est ce je veux ; ou je vais ; est-ce que je prends les bonnes décisions. Je me pose énormément de questions, je suis en pleine introspection. C’est une sorte de mise à jour permanente et je trouve que c’est une bonne chose.

Quels sont vos objectifs à court terme ?
Sur le court terme; travailler, acquérir un maximum d’expérience dans mon domaine, devenir une bête, savoir tout sur tout, même si c’est un domaine où on ne connaît jamais tout, malheureusement et heureusement. Sur le long terme je sais où je vais aller, mais je ne sais pas quelle route je prendrai.

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