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Les arbres ont un effet sur moi que je ne m’explique pas forcément…

 

CELIA, 25 ans

J’ai grandi dans un village à coté de Versailles. J’ai 25 ans et je m’intéresse à beaucoup de choses différentes: j’ai été danseuse la majeure partie de ma vie. J’ai commencé à 4 ans et ai suivi des formations professionnelles pendant 6 ans. Je me suis lancée il y 1 an dans le massage et le soin énergétique. Je fais aussi de la photo, j’écris, je travaille pour un traiteur italien, je fais des marchés, des vendanges, je profite un peu de la vie quoi !

Quel genre d’enfant était Celia ?

Très calme, très gentille, l’enfant presque parfaite… quand j’y pense maintenant avec du recul. J’étais affectueuse, travailleuse, très bonne à l’école et passionnée par la danse bien sûr ! pas mal de copines, puis après un peu moins parce que j’étais devenue trop différente des autres. 

Etant donné que vous avez plusieurs cordes à votre arc, dans quelle activité vous êtes-vous lancée finalement ?

Depuis la danse, qui était ma raison de vivre depuis toute petite, je me suis découverte dans la photo et l’écriture. J’adore voir le monde à travers un appareil, tout semble éclairé d’une nouvelle lumière. Quant à l’écriture, j’ai toujours aimé ça et j’ai depuis quelques temps commencé à écrire des poèmes et parfois quelques articles. Je vais publier tout ça sur un blog que l’on est en train de monter avec une amie.

Sinon en métier, je me suis convertie dans le massage et le soin énergétique ; en sommes tout ce qui permet d’aider les autres.

A terme, j’aimerais beaucoup me rapprocher du travail thérapeutique oral ; aider par la parole en plus du corps. Je ne veux pas être psychologue mais plutôt coach de vie positif.

D’où vous vient cette envie d’aider votre prochain ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé aider et donner des conseils aux personnes qui m’entourent. C’est très épanouissant de te dire que peut-être grâce à toi, cette personne a compris des choses sur elle-même et qu’elle a progressé dans sa vie.

Ce côte altruiste se passe de mère en fille mais je l’ai vraiment développé grâce à mes amis. Ce sont mes premiers cobayes. [rires] Et quand je vois les personnes qu’elles sont aujourd’hui, je suis fière d’avoir pu leur apporter mon aide et mes conseils le long du chemin. On s’est fait grandir mutuellement.

Mais cette envie vient aussi du fait que j’ai vécu  des années de collège assez difficile. Après cela, mon attention s’est toujours portée vers les personnes seules. C’était comme si je me retrouvais, et que je protégeais la petite Célia de l’époque en lui disant « ne t’inquiète pas, ça va aller .

Auriez-vous aimé faire de la psychologie ou de la psychanalyse ?

Oui, c’est un domaine qui m’attirait beaucoup mais la danse était tout ce qui m’importait. Je voulais être danseuse, chorégraphier et créer. Quand j’étais sur scène, je me sentais enfin chez moi.Et je ne me voyais pas conjuguer les deux domaines. 

J’ai pu faire une licence d’espagnol en même temps que ma formation de danseuse parce que j’avais certaines facilités. Mais les études de la psychanalyse demande un engagement beaucoup plus profond. Engagement impossible à tenir en école de danse puisque l’on mange danse, on respire danse, on vit danse.

Que faites-vous actuellement ?

Je combine plusieurs jobs. 

Le lundi, je suis masseuse et énergéticienne dans un cabinet, rue du général de castelnau dans le 15ème. Et le reste de la semaine, je travaille en tant que vendeuse chez un traiteur italien dans le 14ème, à côté de montparnasse. C’est un super job et c’est très enrichissant. Moi qui suis fan de la culture italienne et en particulier la nourriture, je suis aux anges. [rires] Les produits sont délicieux et les plats sont faits maison.

Vous avez parlé d’énergie. Comment la canalisez-vous, comment la gérez-vous ?

En effet, même si on en parle souvent en danse contemporaine, je l’ai véritablement découverte après mon initiation au Reiki. C’est une pratique japonaise, accessible à tous une fois que l’on est initié, qui permet de devenir une sorte de canal pour capter l’énergie universelle et la proposer à ceux qui en ont besoin. Le corps accepte ou non l’énergie qu’on lui propose en fonction de ses besoins. 

Ce que j’aime avec cette méthode, c’est qu’elle ne peut peut faire que du bien ! Elle permet de faire circuler l’énergie qui est en nous et ainsi se libérer de nos blocages énergétiques et corporels.

Faut-il avoir une alimentation saine, ou un esprit sain pour exercer ce métier ?

Il n’y a pas de régime particulier ni de solution toute faite. Je pense que le plus important c’est d’être bien avec soi-même, avoir un régime alimentaire avec lequel on se sent bien. Quant au reste, du moment que l’on dit ce qu’on pense, et on fait ce que l’on dit, tout va bien !

Vous faites des consultations ?

Oui, le lundi toute la journée !

Combien de temps durent vos consultations ?

Pour le massage, une consultation dure aux alentours d’1h20. Ça commence avec un entretien d’une vingtaine de minutes durant lequel la personne choisit l’huile et ensuite elle se fait masser pendant une heure sur tout le corps en fonction de ses préférences évoquées pendant l’entretien. 

Pour le soin énergétique, une première consultation dure en générale une bonne heure et demie et sert à déterminer ce que la personne souhaite travailler. Le soin, en lui-même, dure en moyenne une heure. Une fois la séance terminée, en fonction du travail à faire, on va programmer avec la personne un nombre particulier de séances pour que le corps puisse prendre toute l’énergie dont il a besoin pour compléter sa guérison. Le soin énergétique a un champ d’action vraiment vaste, cela permet de traiter les insomnies, les blessures, des chocs émotionnels, des migraines …

Est-ce qu’avec une personne qui n’y croit pas, ça fonctionne quand même ?

Non, il n’est pas nécessaire d’y croire pour que cela fonctionne. Une personne pas du tout spirituelle peut connaître aussi ses effets bénéfiques. Il suffit juste d »accepter en toute conscience de recevoir un soin énergétique afin que le corps accepte lui aussi l’énergie dont il a besoin.  

Avez-vous déjà eu des remerciements de la part de patients satisfaits ? Et comment le vivez-vous ?

J’ai eu une patiente qui n’avait jamais été massée. Elle appréhendait un peu et puis, à la fin de la séance , elle m’a remercié et a réservé un créneau pour le mois suivant.

C’était très gratifiant de se dire que juste avec un peu de temps et de travail, cette personne a eu un plus dans sa vie et que ça a apporté un peu de positif.

vous, quelles sont les qualités d’une bonne praticienne ?

Je dirais: être à l’écoute de ce que dit la personne, mais il faut être à l’écoute du corps également, c’est très important. 

L’intégrité et la générosité aussi. Si on ne fait pas cette activité par envie, on ne la fait pas bien.

Et il faut savoir ce que l’on fait, car il y a beaucoup de praticiens qui se disent compétents dans un domaine et qui ne sont finalement pas qualifiés pour le pratiquer. Ce qui peut être dangereux pour le patient.

Est-ce que vous-même allez consulter des consœurs ou confrères pour des massages ou des soins énergétiques ? 

Oui, je le fais de temps en temps car j’en ai besoin comme tout le monde. Car tout le monde en a besoin, oui oui (rire) ! 

Comment faites-vous pour absorber ou évacuer les soins que vous pratiquez ?

Lorsque l’on est initié au Reiki, on devient une sorte de canal grâce auquel on capte l’énergie de l’univers pour la redonner au patient. A l’inverse du magnétiseur qui donne sa propre énergie. Quelque soit l’état dans lequel est le praticien Reiki, il pourra toujours donner un soin impeccable pour le patient. Il nous reste juste à nous nettoyer les mains pour enlever les énergies négatives à la fin de chaque séance.

Vous avez un certain amour pour les plantes. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai toujours aimé la nature mais elle n’avait pas autant d’impact sur moi que celui qu’elle a maintenant. J’ai eu une prise de conscience il y a deux ans et depuis, elle s’est petit à petit imposée à moi. Je me suis rendue compte de son importance et de sa beauté. Lorsque je me balade dans Paris, je cherche toujours les coins de verdure et principalement les arbres. C’est vraiment étrange, mais quand j’en vois un, j’ai envie de lui faire un câlin. Je me sens en sécurité parmi eux. Il y en a de toutes sortes, c’est incroyable. Si on prend le temps de vraiment les regarder, on se rend compte de leur beauté unique. L’arbre, c’est aussi un symbole de vie. C’est porteur d’espoir. Pas étonnant qu’il y ait des arbres centenaires ! 

Pouvez-vous me décrire ce que vous ressentez lorsque vous communiquez avec des arbres ?

Cela dépend des arbres, mais je sens, avec certains, des picotements dans les mains comme si je touchais leurs enveloppes énergétiques. Et quand je suis sous leurs feuilles, je me sens apaisée et en sécurité comme si j’étais chez moi. Les arbres ont un effet sur moi que je ne m’explique pas forcément, mais ça me fait vraiment du bien.

Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous avez habitée seule ?

Je ne peux pas vous dire, je vis en colocation. Mais je me souviens de la sensation de liberté que j’ai ressentie le jour où j’ai emménagé à Paris. L’indépendance, c’est indescriptible! Bien sûr, cela fait peur au début mais je me rends compte chaque jour, depuis que j’ai déménagé de la chance que j’ai de vivre dans ce cocon parisien que l’on a créé.

Qu’avez-vous fait du premier salaire que vous avez reçu ?

Je me souviens que la première chose que j’ai faite, c’est payer un thé au starbucks à deux amies en sortant de cours. Après 6 heures de danse, on avait besoin de décompresser. C’était notre petit rituel.

Etes-vous économe ?

Je suis économe dans le sens où je ne fais pas de folies avec mon argent. Mais, je suis aussi partisane du fait de ne pas se priver quand on a besoin de se faire plaisir. Donc, je dirais que je suis un savant mélange entre les deux (rires).

Pour vous, que signifie le mot liberté ?

La liberté pour moi, c’est d’être libre d’être soi-même. C’est s’autoriser à faire toutes les choses que l’on souhaite tant que c’est en accord avec nous-même. Quand on arrive à s’affranchir de toutes les cases que l’on s’impose et que la société cherche à nous imposer, alors on est réellement libre.

Est-ce que vous vous sentez libre en ce moment ?

Oui, et ça fait du bien ! Je fais pleins de choses différentes et c’est très enrichissant.

Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous êtes tombée amoureuse ?

Pour l’instant je ne suis jamais tombée amoureuse donc je vous le dirais quand ça m’arrivera.

Selon vous, quel est le secret de longévité en couple ?

La confiance et la communication ! c’est primordial de savoir parler et surtout savoir écouter l’autre. Il faut aussi accepter l’autre tel qu’il est, avec ses défauts et ses qualités, sans vouloir le changer. 

Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous avez donné un soin ? Que vous en avez reçu un ?

La première fois que j’ai reçu un soin, j’étais complètement étrangère à ce milieu-là. J’ai eu un sentiment de bien-être et d’apaisement, je me suis limite endormie. Quand j’en suis sortie, c’était un peu comme après une séance chez l’ostéopathe. Et puis j’ai eu, dans les jours qui ont suivi, un regain d’énergie impressionnant.

Le premier soin que j’ai réalisé, je l’ai donné à ma mère. Et j’étais fière de me rendre compte que mon soin lui faisait du bien.

D’où vous vient votre créativité vous écrivez ?

J’ai toujours été portée sur la création, je l’ai juste pratiquée en dansant jusqu’à très récemment. L’écriture s’est imposée à moi lorsque j’ai arrêté de m’exprimer avec mon corps. J’ai pu alors, mettre en mots ce que je ressentais. Je pense que c’était l’évolution naturelle pour moi. J’ai toujours dansé pour pouvoir m’exprimer, faute de savoir le faire par la parole. Mais maintenant que j’ai évolué et que je m’assume telle que je suis,  je sens que j’ai assez de courage pour utiliser les mots.

J’aime beaucoup écrire des poèmes. J’ai un petit faible pour les vers. Mais avec « C’Nous », notre blog, je me suis mise à écrire aussi des articles. J’ai d’ailleurs hâte de pouvoir les publier. Le blog devrait être opérationnel d’ici Noël. 

Quelle est la ville qui vous ressemble le plus ?

Je n’en ai pas vu assez pour en choisir une comme ça. Mais de celles que j’ai vues pour le moment je dirais Paris. Peu importe le temps, Paris est toujours magnifique. Si on apprend à regarder cette ville, les immeubles, l’architecture .. il y a tellement de détails et d’histoire dans ses rues que l’on est jamais lassé !

Fréquentez-vous les musées ?

Oui, j’adore ça ! Je suis particulièrement fan des expos de photos et des expos de peintures classiques. Je peux passer des heures devant un tableau à admirer la technique des peintres des siècles passés. On a l’impression que l’on peut sentir le tissu d’une robe rien qu’en regardant la peinture, c’est extraordinaire !

Que pensez-vous qu’il faudrait mettre en œuvre pour que les jeunes fréquentent plus souvent les musées ?

En fait, je trouve ça dommage qu’il faille faire quelque chose pour que les gens s’intéressent à leur culture. Cela devrait être renforcé dans l’enseignement. L’art est important dans le développement de la pensée et de l’opinion. Il faudrait prévoir une visite d’un musée, une pièce de théâtre, un concert… une sortie culturelle tous les mois.

Connaissez-vous le musée de l’armée ?

Je n’y suis jamais allée. C’est comment?

C’est le musée de la guerre…

Ah c’est pour ça que je n’y suis pas allée ! Je préfère les musées plus artistiques…

Que pensez-vous des réseaux sociaux?

Ne me lancez pas là-dessus (rire) ! 

D’abord les points positifs : Avec le développement de la technologie, on peut faire des choses géniales, comme parler à quelqu’un à l’autre bout de la planète. Et utiliser à bon escient, c’est un formidable outil de communication pour les entrepreneurs par exemple.

Mais le problème est que ça devient une addiction pour beaucoup de personnes. Cela devient le seul moyen d’expression, et on s’exprime par photoshop, photo de plats au restaurant, et concours de fautes d’ortographes..  Quant à l’image de la femme, je n’en parle pas. A force de voir les mêmes standards à longueur de journée, cela finit par développer des complexes. On vend notre image aux likes et commentaires et je trouve ça dangereux. En tout cas, ça l’est pour moi. Ça a un impact négatif trop important sur ma vie pour que je joue à ce jeu-là. J’ai d’ailleurs décidé de ne garder que mes comptes pro actifs. Je préfère avec un contact humain avec une personne que d’être en contact sur un ordinateur.

Que pensez-vous des sites de rencontres sur internet ?

Je l’avoue, j’ai testé (rire). 

Lorsque j’y vais, c’est que je suis en manque de conversation avec de nouvelles personnes. Il est très difficile à notre époque de rencontrer quelqu’un dans la rue. Surtout en ce moment. Il y a une appréhension qui s’est installée où plus personne ne se regarde. On reste dans notre bulle ou scotché sur nos écrans de téléphone.. 

C’est dommage parce que sur les applis de rencontre, on juge sur le physique et parfois sur quelques mots. C’est un peu comme choisir sur un catalogue, la rencontre perd de toute sa magie.

Comment avez-vous vécu le confinement ?

Je l’ai très bien vécu. J’étais dans mon appartement avec ma meilleure amie et ça s’est super bien passé. Ça a été une période durant laquelle j’ai vraiment pu travailler sur moi-même et prendre du temps pour des projets qui tenaient à cœur.

Quels sont vos projets d’ici deux ans ?

Dans deux ans… Il y a le Covid ou il n’y a plus le Covid ? (Rire)

Allez, soyons optimistes : j’ai une patientèle qui s’est bien développée et le blog commence a être bien lu. Notre communauté dédiée au bien-être et à la pensée positive s’est bien élargie. Et puisqu’il n’y a plus le covid, je pars en voyage trois mois en Amérique Latine en sac à dos toute seule. Direction le Pérou, le Chili, et l’Argentine ! 

Qui est Célia aujourd’hui ?

Une fille (rire)… une jeune femme de 25 ans qui fait vraiment son âge. Je me suis toujours trouvée  vielle pour mon âge. C’est la première année de ma vie où je me sens vraiment à ma place. Ça fait du bien.

Je suis une fille libre qui se développe artistiquement et professionnellement sur des voies qui lui correspondent. Une thérapeute, une poète, une photographe, une énergéticienne,.. je suis tout ça à la fois.

Célia je vous remercie.

Je vous remercie également.

 

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