Interviews

j’aime les artistes engagés …

Vincent, 50 ans, Musicien

Depuis combien de temps vivez-vous à Paris ?

Je suis né à Paris.

A quel moment avez-vous ressenti le besoin de vous exprimer par la musique ?

J’ai toujours fait de la musique depuis l’âge de 6 ans.

Et pourquoi la musique ?
Mes parents m’ont fait faire de la musique, puis en fait j’adore ça.

Avez-vous un groupe ou êtes-vous en solo ?

J’ai un groupe, un guitariste et un bassiste.

Et qu’est-ce qui vous intéresse précisément dans ce moyen d’expression qu’est la musique ?

Le partage avec les autres. Partager les choses qu’on aime.

Jouez-vous d’un instrument et lequel ? 

Je joue du piano et je chante.

Pourquoi avoir choisi le piano ?

Je n’ai pas choisi, ce sont mes parents qui m’ont mis devant un piano et j’ai appris le piano quand j’étais petit.

Composez-vous ?

Un peu, de temps en temps. Quand j’ai le temps je compose.

Vous écrivez aussi ?

Non juste la composition, pas les paroles.

Quels sont vos héros musicaux ?

Il y en a beaucoup…

Lesquels vous ont inspiré ?

Parmi mes héros, il y a les Wailers, Stevie, Marvin, Donny Hattaway pour ne parler que de la soul et de la funk, Sly Stone, James Brown, Georges Clinton… Après, il y a la musique brésilienne, la musique jamaïquaine, la chanson française aussi, le pop, le rock… Je ne peux vraiment pas citer tous ces gens-là parce que ça fait beaucoup.

Quels sont vos musiciens préférés parmi tout cela, les 5 premiers ?

Les Wailers, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Roberta flack, Donny Hathaway. Et encore je suis frustré parce qu’il y en a tellement d’autres que j’aime autant ! Donc c’est un peu difficile de citer mes préférés… Ceux-là sont les premiers qui me viennent à l’esprit.

Quel style de musique faites-vous ?

Ca va de la soul, de la funk, à la chanson française, la musique brésilienne.

Quel est l’élément déclencheur qui vous a fait choisir ce style de musique ?

Ce sont des musiques que j’ai toujours écoutées, que j’ai toujours aimées.

Vous souvenez-vous du premier disque que vous avez acheté ?

Ca devait être un disque de Claude François, j’avais 6 ans !

Êtes-vous collectionneur de disques ?

Oui. Bien que ça fasse un moment que je n’ai pas acheté de vinyle… mais je continue toujours à acheter des CD.

Quels sont vos disques préférés de tous les temps ?

C’est ceux des artistes que j’ai cités.

Avec quels musiciens auriez-vous souhaité travailler si vous aviez vécu à leur époque ?

Toujours ceux que j’ai cités ! Les Wailers, Stevie Wonder, Donny Hathaway, Sly Stone, James Brown, Gilberto Gil, Jorge Ben …

Avec quel producteur rêvez-vous de travailler un jour ?

Pfff… juste pour répondre, mais c’est un rêve qui ne se réalisera jamais… Quincy Jones.

Pourquoi n’y croyez-vous pas ?

Bah, j’ai peut-être un peu passé l’âge de rêver et de me faire des films !

Quels sont vos projets en cours ?

Faire une maquette avec les deux musiciens, et enfin se produire dans les bars : tourner dans les bars parisiens, voire plus, dans la région parisienne.

Devenir un musicien reconnu, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je ne cherche pas à être un musicien reconnu. Ce qui m’intéresserait ce serait de composer, mais pour les autres. Plus que d’être sur le devant de la scène. En ce moment je chante, c’est moi qui suis sur le devant de la scène, mais par la suite j’aimerais plus composer et produire.

Quels sont les pièges à éviter dans votre milieu ?

Oh c’est facile à dire, mais essayer de ne pas se faire avoir par des gens pas très honnêtes. Que ce soit le milieu de la musique ou n’importe quel milieu, quoi que ce soit dans la vie. Donc c’est un peu généraliste… Ne pas se faire avoir, en un mot, même si c’est un peu vague comme explication.

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de joie dans votre art ?

Encore une fois partager. Partager ce qu’on aime avec les gens qui aiment la même chose que vous.

Est-ce que vous vous sentez investi d’une mission ?

Non, pas d’une mission, non. Au point où j’en suis, à mon niveau, c’est un plaisir personnel, encore une fois que je souhaite partager avec le plus grand nombre.

Quelle touche personnelle souhaitez-vous apporter à la musique ?

Je n’en suis pas encore vraiment à apporter une touche personnelle, je voudrais déjà parfaire ce que je travaille, ce que je fais. La touche personnelle ce sera l’étape suivante. Mais je n’en suis pas encore là.

Quel est votre moteur d’inspiration, qu’est-ce qui déclenche l’inspiration quand vous avez envie de composer ?

Tiens ce serait peut-être ça ma touche personnelle, composer quelque chose. Justement la touche personnelle c’est quelque chose qui ne sera peut-être pas forcément nouveau, mais dans ce que j’écrirais… même si au niveau du style musical je ne pense pas que je créerai un style musical à moi, mais d’écrire des chansons, faire une espèce de mélange des différents styles musicaux qui me plaisent : variété française, musique brésilienne, soul, funk, reggae, disco, rock, steady et autres…

Est-ce difficile aujourd’hui d’être réellement créatif dans votre domaine ?

Être créatif, je pense que tout le monde l’est. Après il faut pouvoir faire sa place, être reconnu. Pour moi c’est le plus dur. Créer… je pense qu’on a tous plus ou moins la capacité de créer.

Aujourd’hui la musique n’a plus autant de créativité par rapport aux années 60, 70, 80, sachant qu’on recopie ou qu’on imite…

Non, je pense qu’il ne faut pas se faire avoir par les grandes figues qu’on nous montre à la télévision. Evidemment ce qu’on nous sert à la télévision c’est, entre guillemets, à mon goût de la soupe, mais je pense que derrière il y a énormément de gens qu’on ne connaît pas qui ont beaucoup de talent, et qui font des choses nouvelles, qui créent beaucoup. C’est l’industrie de la musique qui aujourd’hui est ce qu’elle est, mais derrière tout ça et en dehors de tout ça, il y a certainement beaucoup de créateurs qui sont très intéressants.

Si vous composez ou écrivez pour les autres, est-ce facile pour vous de vous détacher de vos créations ?

Je pense qu’il est peut-être plus facile d’interpréter les chansons des autres que les siennes, au départ. Après quand on a l’habitude, quand on a du métier, on y va plus facilement. Mais au départ je pense que c’est plus simple de donner à interpréter ses créations aux autres.

Quel est votre ressenti lorsque vous entendez votre musique à la radio ou sur internet pour la première fois ?

Je n’en suis pas encore là, ça ne m’est jamais arrivé donc je ne peux pas vous répondre. Ce que j’ai composé ce sont vraiment des petites maquettes qui ne sont pas abouties et qui ne sont jamais sorties de chez moi.

A quel moment de la journée vous sentez-vous le plus inspiré ?

Fut un temps c’était le matin, maintenant c’est le soir. Ceci dit, aux autres moments de la journée je n’ai pas trop le temps, donc j’aurais du mal à pouvoir comparer. Mais les dernières compositions que j’ai faites, c’était le soir.

Quel sens la musique donne-t-elle à votre vie ?

La musique c’est ma vie, ça fait partie intégrante de ma vie. Sans musique il n’y a pas de vie pour moi.

Que pensez-vous des réseaux sociaux et d’internet en tant qu’artiste ? Au niveau de la diffusion de la musique, des piratages, de la publicité…

Les piratages c’est malheureux pour l’artiste qui essaie d’en vivre. Se faire voler son travail ce n’est agréable pour personne. Ensuite si ça peut être un moyen de faire connaître les gens, c’est une très bonne chose. Et la publicité bon… tout est une question de la manière dont on se sert de l’outil, c’est toujours la même chose.

On va arriver à la partie plus intime. Quel est le rôle de vos proches (famille, amis) dans votre travail ?

Je n’ai pas de musicien dans mes proches.

Que représente le mot liberté pour vous ?

Liberté ? C’est bien vague…

Pour un artiste ?

Liberté… tout est question de choix. Soit tu es libre de faire ce que tu veux en prenant le risque de « ne pas réussir », soit tu sacrifies ta liberté pour entrer dans un moule et pouvoir accéder à une certaine gloire, un certain succès, une certaine reconnaissance. Je pense qu’à un moment donné il y a un choix à faire.

Et vous, vous sentez-vous libre ?

A mon niveau oui, puisque je suis tout petit, pas connu, je n’ai rien fait de particulier qui m’amène à faire ce choix.

Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

Par rapport à la musique toujours ? C’est toujours le même rêve de pouvoir écrire pour les autres, d’être connu en tant que compositeur. C’est ce qui me plairait davantage, plus qu’interprète.

Quel est le rôle d’un artiste aujourd’hui dans la société ?

Moi j’aime les artistes engagés dans une certaine mesure, après ça dépend sur quel sujet ils sont engagés bien sûr. Ce qui me concerne, je ne sais pas trop… j’avoue qu’encore une fois, je ne me sens tellement pas encore à ce niveau-là, j’en suis tellement encore à écrire des petites mélodies, donc après je ne sais pas si j’imposerai aux gens de mettre tel ou tel type de paroles, de textes sur mes mélodies, ou si je laisserai libre cours à l’interprète d’utiliser ma musique pour dire ce qu’il a envie de dire. Je ne sais pas encore, là-dessus je ne suis pas du tout fixé.

Et l’amour dans tout ça. Y a-t-il de la place pour l’amour dans votre vie ?

Ah oui. C’est la première chose pour moi.

Selon vous quel est le secret de la longévité en couple ?

L’amour, justement. Quand je dis amour, je ne parle pas de l’amour physique. Je parle de l’estime de l’un pour l’autre, du respect de l’un pour l’autre, ce qu’on retrouve l’un de l’autre, ce qu’on attend l’un de l’autre. Je dirais presque même qu’il pourrait ne plus y avoir d’amour physique, tant que l’amour sentimental existe ça peut mieux tenir dans ce sens-là que dans l’autre. Si ce n’est qu’une interaction physique, je pense que c’est voué à du court terme.

Et qui est Vincent  aujourd’hui ?

Un homme qui bosse dans une grande enseigne et qui fait de la musique pour son plaisir, qui a une vie agréable, qui est en bonne santé, qui a des amis qui sont en bonne santé… la vie est belle !

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