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Ma plus grande peur c’est de finir dans un bureau derrière un …

Hortense, 24 ans, directrice artistique

Quels sont vos projets en tant que directrice artistique ?

Je viens d’avoir mon Master de directrice artistique.

Félicitations !

Merci, pour le moment je voudrais travailler en freelance, après je voudrais faire un programme d’un an aux États-Unis, pour rentrer dans la réalisation de film. Je voudrais vraiment travailler dans la vidéo, que ce soit dans les films ou dans l’artistique.

je voulais vraiment être dans le cinéma, c’est ma passion première, celle qui m’inspire, et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de me bloquer, qu’il fallait que je fasse quelque chose qui me fasse kiffer dans ma vie, et c’est le cinéma.

Dans quel domaine aimeriez-vous vous spécialiser ? dans le cinéma, il y a beaucoup de choix.

Dans la réalisation de film ; j’imagine le concept, je le réalise, je contacte les acteurs, je trouve le lieu pour le tournage, et c’est ma vision qui est retransmise.

D’où vous est venue cette passion pour le cinéma ?

J’ai toujours été intéressée par le cinéma ; j’ai fait 7 ans de théâtre et pendant un moment je me suis mis dans la tête que j’allais devenir actrice, mais finalement je me suis rendu compte que je n’aimais pas être devant les caméras et que je préférais être derrière. J’ai eu peur pendant un temps, parce que j’étais élève : je cherchais un peu plus le confort, et un moyen de me faire de l’argent, plus que de prendre des risques, alors je me suis orientée vers le design et puis dans la direction artistique, au fur et à mesure. Plus je faisais des stages et plus le temps passait, plus je réalisais que ce n’était pas ma voie que d’être coincée toute la journée dans un bureau. Je voulais vraiment être dans le cinéma, c’est ma passion première, celle qui m’inspire, et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de me bloquer, qu’il fallait que je fasse quelque chose qui me fasse kiffer dans ma vie, et c’est le cinéma.

Si je comprends bien vous adorez le cinéma ?

J’adore le cinéma. Je regarde les films plusieurs fois, j’adore faire des recherches derrière, je regarde plusieurs fois les scènes pour voir comment elles sont tournées. Et comment ils ont fait pour arriver au résultat final. J’aime beaucoup les films avec un peu de psychologie et j’adore les films qui traitent des psychopathes, avec un côté très satirique et un peu d’humour. Ce genre de choses.

Quand vous dites que vous avez été élevée dans le confort, que voulez-vous dire ?

Je viens de Nantes, c’est une ville calme, tout le monde se connaît, c’est un petit cocon. Mon père est notaire ma mère est artiste-peintre, elle avait sa galerie d’art. Elle donnait des cours. Tout était confortable. Certains de mes frères et sœurs prenaient des risques et d’autres non, et comme que je suis la dernière de la famille, je ne sais pas… De plus, en France, devenir intermittent du spectacle n’est pas facile et c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne veux pas faire ça en France, je veux partir travailler à l’étranger, aux États-Unis. Depuis petite je savais que je n’allais pas rester en France. Mes frères et sœurs et moi-même avons envie de travailler dans le monde entier. Du coup, j’ai dit bye-bye au confort et bonjour au risque… (rires)

Parfois j’ai eu tort, car je suis tombée sur des psychopathes et des sociopathes, des nanas je n’en parle même pas… Je ne m’entendais pas avec les filles populaires, c’est tellement fuck.

Quel genre d’enfant était Hortense ?

J’étais odieuse, quand j’étais petite j’étais hyperactive et j’ai gardé ça, c’est pour ça que j’ai tendance à parler très vite, à mâcher mes mots. Dans ma tête tout va très vite, c’est très très pesant. J’étais très chiante, je criais tout le temps, je n’écoutais jamais, je n’hésitais pas à dire ce que je pensais bien fort et ça m’a créée beaucoup de problèmes à l’école jusqu’à mes 15 ans.

A l’école c’est vous qui harceliez les autres ?

Non, ce sont eux qui me harcelaient parce que j’étais toujours la première à leur dire d’arrêter leurs conneries et de réfléchir avant de parler, et à me battre. Je me suis beaucoup battue en étant jeune, physiquement ; parce que je ne supportais pas, quand je voyais quelqu’un seul dans la cours de récré, j’étais la première personne aller voir cette personne pour devenir amie avec elle. Parfois j’ai eu tort, car je suis tombée sur des psychopathes et des sociopathes, des nanas je n’en parle même pas… Je ne m’entendais pas avec les filles populaires, c’est tellement fuck. Sérieusement ça m’énerve, je n’ai jamais été comme ça.

Quels sont vos objectifs à court terme ?

Perdre du poids. Passer mon permis ; je réalise que j’en ai vraiment besoin, de plus en plus.

Vous habitez Paris ?

Je dois me préparer pour l’avenir. Je compte aller étudier à Los Angeles l’année prochaine et j’aurai besoin d’une voiture pour me déplacer. Ici quand je trouve un boulot c’est en dehors de Paris donc c’est trop galère avec les transports. Il me faut une voiture et mon permis.

À côté de ça j’ai un gros projet : j’aimerais développer et utiliser la vidéo sous forme d’art avec des expositions immersives. Je voudrais essayer de développer ça. Rencontrer des gens, visiter des galeries, promouvoir ma mère qui est une super artiste-peintre, elle mérite vraiment d’être connue, elle était connue avant. Les circonstances on fait qu’elle a arrêté de peindre, maintenant elle s’y remet.

Qu’est-ce qu’elle peint ?

Elle a grandi en Afrique, c’est une enfant de militaire et dans ses peintures il y a beaucoup de ces inspirations africaines. Elle transforme son style tous les 5 ans à peu près ; ses peintures sont très colorées et il y a énormément de technique. C’est très beau à voir.

Quelle était votre deuxième option si ça n’avait pas été les études supérieures de cinématographie ?

Le théâtre, je voulais être comédienne. Et j’étais très intéressée par la médecine ; pendant un temps la kinésithérapie, mais j’étais parmi les plus nulles en math et ça m’a empêchée de rentrer en S, même si j’étais bonne dans les autres matières. Mais je suis contente de mes choix. Je ne regrette pas du tout.

Quels sont vos objectifs sur le long terme ?

Parcourir le monde, réaliser des films dans le monde entier… (rires) Ça c’est le rêve… dans la réalité, dans le long et le court terme ce que j’aimerais c’est rencontrer de grands réalisateurs, apprendre d’eux et réaliser mes propres films, et faire des expositions. C’est-à-dire que je vais créer des espaces, tout un environnement avec des vidéos projetées, avec des effets de chaud et de froid, avec des odeurs pour que les gens se sentent impliqués dans la scène.

J’ai beaucoup hérité du côté artistique et créatif de ma mère et j’aimerais vraiment le développer plus.

Quels sont les réalisateurs qui vous influencent ?

Luc Besson, tous ses films son incroyables et fantastiques : Léon, Le Cinquième Elément, Taxi… Kenneth Branagh pour sa réalisation du Crime de l’Orient Express. Rob Marshall : Mémoires d’une Geisha, Victor/Victoria, Chicago !! Bref, un choix assez éclectique… (rires)

Que comptez-vous apporter de plus dans le cinema, ou dans la réalisation ?

J’ai une approche est assez différente : j’aime que le spectateur soit impliqué dans le film comme s’il était le personnage principal, et provoquer des réactions fortes. J’ai envie que tous se sentent impliqués et se sentent dans cet univers que je crée, que je réalise.

Vous considérez-vous comme une artiste ?

J’ai une âme d’artiste, je ne peux pas me considérer comme une artiste tant que je n’ai pas encore réalisé mes propres œuvres d’art, mais j’aimerais.

Quel est le rôle de l’artiste aujourd’hui dans la société ?

L’art aujourd’hui sert à transmettre des messages et à faire réfléchir les gens, ouvrir leurs esprits sur des choses différentes ;  la moitié de la population reste dans des bureaux à travailler devant les ordinateurs et les œuvres d’art offrent des explosions d’émotions et de sens.

D’où vous vient cette grande imagination ?

On m’a souvent posé cette question mais je ne sais pas quoi répondre ;  je suis inspirée par ce que je vois, par mes expériences de la vie, ce que je lis sûrement. Depuis tout petite j’avais pas mal de visuel dans ma  tête ; on me parle d’un sujet et je me fais tout un film dans ma tête, comme une illustration ou des photos. J’ai beaucoup hérité du côté artistique et créatif de ma mère et j’aimerais vraiment le développer plus.

Je sais, je suis prête à faire ça jusqu’à ce que je devienne une réalisatrice engagée et que les gens connaissent mon nom.

Vos proches vous encouragent-ils dans vos choix ?

Oui totalement ; après ça, le cinéma c’est autre chose. Mes frères et sœurs voient très bien que c’est fait pour moi, mais ma mère ça lui fait un peu peur ; comme je disais plus tôt, intermittent du spectacle en France c’est très dur.

Par rapport à la carrière artistique de votre maman, n’avez-vous pas peur ? C’est un peu la galère de réussir dans le domaine artistique à Paris et dans le monde.

Je sais que c’est galère, c’est pour cela qu’après le lycée je n’ai pas voulu y rentrer. Ça aurait été très galère et je n’étais pas prête à affronter ça ; mais maintenant je sais que si j’ai envie de faire un boulot qui n’est pas un boulot à mes yeux mais un plaisir, de vivre et être heureuse chaque matin avant d’aller au travail, il faut que je fasse quelque chose que j’aime plus que tout… et c’est ça que j’aime. Ma plus grande peur c’est de finir dans un bureau derrière un ordinateur, taper la journée entière sur un clavier.

Parfois on est obligé de faire des boulots de merde avant de se réaliser en tant qu’artiste…

Je sais, je suis prête à faire ça jusqu’à ce que je devienne une réalisatrice engagée et que les gens connaissent mon nom. Je vais devoir passer pas mal de temps à faire des petits boulots en freelance, en tant que directrice artistique, graphiste, serveuse…

Avez-vous déjà fait des stages sur des plateaux télé, des tournages de films ou dans les bureaux de presse ou les agences de publicité ?

Non, je n’ai jamais réussi : à chaque fois ça passait à côté. On était tellement nombreux à demander des stages, mais tu ne peux pas avoir ce que tu veux, du coup j’ai fait des stages dans beaucoup d’entreprises différentes qui n’avait rien avoir avec ce que je voulais faire. Mais là je cherche du boulot dans le domaine du cinéma.

Vous n’avez pas peur de la concurrence et du parcours que ça va être ?

Si bien sûr, mais en même temps si c’est ta passion tu gères, et j’ai ma famille qui est là pour me soutenir s’il le faut.

Zéro responsabilité. Pour moi les responsabilités c’est ce qui me fait le plus peur dans la vie. Et c’est ce qui nous attache le plus aux obligations. Pour moi la vraie liberté, ce n’est rien de tout ça.

Si vous partez à New York ou à Los Angeles, ce serait toute seule ?

J’ai de la famille là-bas pour m’aider et me soutenir, mais je suis déjà partie aux États-Unis quand j’avais 15 ans, je sais ce que c’est que d’être seule et séparée de sa famille, j’ai appris à gérer.

Que pensez-vous de tous ces réseaux sociaux ?

D’un côté je me dis que c’est pratique, mais en même temps ça me fait peur. Nous sommes tous devenus des voyeurs je trouve ; on est une société où il est devenu normal de tout savoir sur quelqu’un en allant sur les réseaux sociaux, et ça fait peur. J’ai l’impression qu’on n’est pas loin de George Orwell, 1984, ou du big brother qui nous regarde. Sinon il y a des côtés pratiques : le fait de rester en contact avec des gens, Instagram pour partager sa vie, se promouvoir, mais après il y a ceux qui poussent le bouchon trop loin. Il y a des côtés positifs, mais ça me fait quand même très peur.

 

Que pensez-vous de tous ces sites de rencontres sur Internet ?

Je suis totalement pour, mais je déteste les tchats ; je n’y arrive pas, ça me rend folle. Je préfère rencontrer quelqu’un, aller lui parler. OK, on se dit : allons boire un café, discuter ou diner ensemble comme ça. Je préfère ça aux tchats. Je les déteste depuis que je toute petite, je n’ai jamais réussi à me servir de msn, messenger et compagnie sur Facebook, je suis off tchat… (rires)

Que veut dire le mot liberté pour vous ?

Zéro responsabilité. Pour moi les responsabilités c’est ce qui me fait le plus peur dans la vie. Et c’est ce qui nous attache le plus aux obligations. Pour moi la vraie liberté, ce n’est rien de tout ça.

Vous sentez-vous libre en ce moment ?

Depuis que j’ai fini mes études, oui. Je viens de passer 5 années brutales qui m’ont transformée ; elles m’ont aidée à savoir qui je suis. Chaque année, je pensais que je n’allais pas réussir, que j’allais arrêter mes études, je pensais que je m’étais trompée de milieu, j’avais de grosses incertitudes et finalement je suis arrivée au bout. Pour le moment j’ai du boulot, mais je ne m’inquiète pas, c’est première fois que je me sens capable d’y arriver.

il y a des gens qui ont besoin de rajouter une troisième personne dans leur couple pour que ça puisse durer, et d’autres qui sont faits pour être ensemble à deux.

Quel rôle a la musique dans votre vie ?

Dès que je pars de chez moi, la première chose que je fais c’est de brancher mes écouteurs. Je ne pourrais pas imaginer ma vie sans la musique, la musique a un rôle très important. Elle peut provoquer des émotions fortes en moi et je trouve ça génial.

Quel a été votre ressenti la première fois que vous avez habité seule ?

Je n’ai jamais vraiment habité seule, et encore maintenant je suis avec ma mère qui m’a suivie à Paris. La première fois j’étais dans le Wisconsin chez une famille d’accueil. Cette famille d’accueil était horrible avec moi ; j’étais dans une ferme sans internet, je ne pouvais pas skyper avec ma famille mais par contre je me suis arrangée pour acheter un téléphone avec des unités pour pouvoir communiquer tous les matins avec ma sœur jumelle qui était en Californie. Ça été dur mais je m’y suis faite.

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez touché votre premier salaire ?

J’étais très contente, j’ai dansé avec mes potes, j’avais 16 ans à l’époque…

On a droit de travailler en France à l’âge de 16 ans ?

Non, mais c’était sous la table, je ne pense pas que ça compte comme salaire.

Quelle est le pays qui vous ressemble le plus ?

C’est une question piège ; je dirais peut être l’Angleterre. J’ai beaucoup voyagé dans les pays chauds, mais je ne supporte pas la chaleur.

Vous n’êtes pas chaude du tout ?

(Rires…) Je ne supporte pas la chaleur, je préfère le froid ; la chaleur ça me rend malade, je dois rester chez moi, sinon si je sors je suis à deux doigts de m’évanouir à chaque fois que  je sors sous la chaleur.

Je suis complètement pour, si c’est ton choix pourquoi pas…

Pour vous quel est le secret de la longévité du couple ?

Je n’ai jamais été dans une vraie une relation… ma relation la plus longue a duré 3 mois. Ça dépend des personnes ; il y a des gens qui ont besoin de rajouter une troisième personne dans leur couple pour que ça puisse durer, et d’autres qui sont faits pour être ensemble à deux. Je ne pense pas que je suis faite pour être seule, mais juste être à deux c’est… j’ai vraiment cette curiosité des couples à trois.

Que pensez-vous du polyamour et de la polygamie ?

Je suis complètement pour, si c’est ton choix pourquoi pas, si trois personnes ou quatre personnes se sont mises d’accord pour être ensemble, c’est leur choix, après s’ils ne sont plus d’accord ils en parlent entre eux. Je suis totalement pour la polygamie.

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